Massacre de Bofa-Yaya Coly, chef du village de Bourofaye Baïnouk raconte la journée du drame: « la décence m’interdit de dire certaines choses sur les morts… »

Icône chez lui, Yaya Coly est le chef de village de Bourofaye Baïnouk et président des chefs de village de l’arrondissement de Niaguis. Dans un entretien accordé à nos confrères de L’Observateur, ce vendredi, le vieil homme raconte cette dure journée qui a marqué toute une nation.

Dans ses propos l’homme tient à préciser d’abord que l’évènement ne s’est pas passé à Bourofaye Baïnouk, mais que ce sont les corps qui y ont été acheminés car les ambulances ne pouvaient pas aller dans la forêt. D’ailleurs, Yaya Coly fait savoir que c’est aux environs de 16h qu’il a reçu un appel du sous-préfet de Niaguis qui l’informa de ce qui s’était passé. C’est quand l’armée alertée, a acheminé dans son village, les corps sans vie découverts dans la forêt de Bofa Bayotte, qu’ils ont appris avec tristesse qu’il y a eu une tragédie. Une fois sur place pour voir les corps, Yaya Coly raconte : « la décence m’interdit de dire certaines choses sur les morts. Je suis un responsable et je laisse le soin aux forces de sécurité de dire ce qui s’est passé (…) La seule chose que je peux vous dire, c’est que c’était difficile. Quand j’ai vu les corps allongés, j’ai failli tomber dans les pommes. On m’a aidé à tenir le coup, parce que je n’en pouvais plus. J’étais dépassé. C’était la première fois que je faisais face à un tel spectacle. C’était horrible … ». S’indignant de ces atrocités, le chef de village de Bourofaye Baïnouk reconnait que « la coupe de bois existe bel et bien dans cette zone et qu’elle est souvent source de conflit », mais que le mobil de cette attaque lui est inconnu et qu’il serait mieux d’attendre les résultats des enquêtes. M. Coly qui avait fui la zone depuis les années 1990, serait revenu en 2012 avec l’arrivée de Macky Sall au pouvoir qui leur a donné une lueur d’espoir avec sa détermination de ce dernier à régler le conflit casamançais.

Pour lui, Macky Sall et son gouvernement étant dans l’action et ne plaisantant point avec le problème d’insécurité, l’on peut croire à la paix dans les jours à venir. Continuant dans le même sens, il affirme que l’Etat doit continuer dans sa dynamique de règlement de conflit et ne pas céder au découragement et observer une certaine patience car il n’y a pas de recette miracle à la guerre et ce ne sont pas les armes qui règleront le problème.
AVOCAT IMMIGRATION / CABINET THERESA NAPOLITANO / NEW YORK