CONTRIBUTION – Ce que je retiens des cinq (05) années au pouvoir du Président Sall

Cinq années à voir le pouvoir en place du Président Sall, s’enfermer dans l’impuissance, cautionner un recul généralisé de l’autorité de l’Etat, jamais dans l’histoire de la République, la fonction présidentielle n’aura été à ce point affaiblie par des injures et insultes, mais aussi des grognes et autres défiances jusque dans le pouvoir discrétionnaire dont la fonction présidentielle est dépositaire. J’en veux pour exemple le réaménagement ou le remaniement du 07 Septembre 2017 qui a montré combien les postes ministériels sont considérés comme des gâteaux pouvant conduire à : « ma part ou je me casse ».
Il est temps que les sénégalais se disent que le Président de la République peut changer le cours des choses pas simplement subir le cours des événements. Il faut que face à la conjoncture, les sénégalais aient la certitude d’être accompagnés et assistés au lieu de se demander pourquoi la réponse de ceux qui nous gouvernent est si faible.
Il faut dire la vérité sur la réalité du quotidien du peuple sénégalais; ce peuple qui n’en peut plus des discours officiels si cela va mieux. Il est intolérable, ce mépris avec lequel sont traités les sénégalais lorsqu’ils s’inquiètent. Il est inacceptable qu’il puisse y avoir des débats interdits, ce que l’on n’aurait pas le droit d’avoir, parce que ceux pour qui tout va bien préfèrent fermer les yeux sur la cherté de la vie. Ceux pour qui tout va bien, ont cette vue sectaire des choses qui les poussent à insulter tous ceux qui ne pensent pas exactement comme eux.
Notre quotidien, ils ne peuvent pas le comprendre, il ne les intéresse pas, ce ne sont pas eux pas leurs familles qui se bousculent dans les « karapites », « ndiaga ndiaye », « tata » et «dem dikk ». Ce ne sont pas eux qui croulent sous les charges et qui se demandent si à la fin du mois, l’entreprise ou le commerce va pouvoir continuer. Ce ne sont pas eux qui gagnent moins de 100 000FCFA par mois et à la fin du mois se demandent comment ils vont faire pour payer l’école, le loyer, l’eau, l’électricité, la nourriture.
Ce réel-là, une grande partie de nos élites ne cherche même plus à le connaître. Ce réel-là, c’est celui que nous n’avons pas le droit d’ignorer.
Regardez, à quelle vitesse la pensée unique peut frapper. Vous l’avez compris, pour Benno Bokk Yakaar, entendre le peuple, comprendre le peuple, parler au peuple c’est de commettre un délit de lèse-majesté ou de trouble à l’ordre public.
Cinq années au pouvoir, et ils ne comprennent plus le peuple.
Nous sommes le Sénégal, ce pays dans lequel tant d’hommes et tant de femmes se sont battus pour garantir aux sénégalais l’autorité de l’Etat.
Je déplore ce « deux (02) poids et deux (02) mesures », d’un côté des citoyens qui n’ont rien à craindre et de l’autre des citoyens sanctionnés à la moindre infraction. La sanction doit retrouver toute sa force.
L’autorité doit commencer à l’école car c’est à l’école que le problème commence lorsque l’on accepte que des élèves n’aient plus de respect pour leurs professeurs, lorsqu’on tolère à l’école la présence de ceux qui ne veulent rien y faire, lorsqu’on explique au peuple du Sénégal que le mérite doit être hors la loi, que le mérite est suspect.
Il faut en finir avec les perturbateurs qui empêchent la majorité des élèves qui veulent travailler d’apprendre. Tous ceux qui entraveront le bon fonctionnement de leur établissement doivent aller dans des internats à encadrement renforcé.
Quand à tous ceux qui à 18 ans sont sans emploi, sans formation, sans qualification, à tous ceux qui ont décroché, il faut leur donner un autre avenir que celui de la délinquance, tous ceux qui à 18 ans ne pourront pas justifier d’un emploi ou d’une formation doivent être tenus d’effectuer un service militaire obligatoire. Ils y apprendront :
✓ le respect de la discipline,
✓ les vertus de se lever tôt le matin,
✓ et la vie en société.

Monsieur Baba DIAKHATE
Juriste

BHS USA