WATTU SENEGAAL FLAIRE UNE VASTE FRAUDE des inscriptions sur les listes électorales

L’opposition regroupée au sein de Mankoo Wattu Senegaal a présenté hier les résultats de son diagnostic sur la révision exceptionnelle des listes électorales. Il s’agit d’un rapport sur la présentation des inscriptions au niveau des 45 départements du Sénégal et des juridictions de l’extérieur. Chiffres à l’appui et sous la coordination de Sada Ndiaye du Pds, il a été fait état du nombre d’inscrits au Sénégal comme à l’étranger à la date du 10 février 2017. Ce, comparativement au fichier avec lequel s’est déroulée la consultation populaire du 20 mars dernier. Ils ont également soulevé des craintes quant au déroulement du processus.

L’opposition ne veut certainement pas être prise au dépourvu aux élections législatives du 30 juillet 2017. Regroupée autour de Mankoo Wattu Senegaal, elle a pris les devants en produisant un rapport sur l’état d’avancement des inscriptions dans les 45 départements du Sénégal et à l’étranger. Le diagnostic effectué sous la coordination de Sada Ndiaye du Pds a révélé qu’au niveau national, à la date du 10 Février 2017, il a été enregistré 2.564.627 inscriptions au niveau des Commissions administratives contre 5 411 913 inscrits lors du référendum du 20 Mars 2016 pour les 45 départements du Sénégal.

A l’étranger, toujours à la date du 10 Février 2017, il a été enregistré 120.313 inscriptions au niveau des commissions administratives contre 268 169 inscrits au moment du référendum du 20 Mars 2016.

Chiffres à l’appui, FDS/ Mankoo Wattu Senegaal a relevé dans son rapport, un certain nombre de craintes. Parmi celles-ci, un niveau d’enrôlement particulièrement supérieur à la moyenne nationale dans les zones qui avaient enregistré des scores fleuves pendant la consultation référendaire du 20 mars 2016 : départements de Matam, de Podor, de Tivaouane, de Fatick et de Mbour.

Mankoo Wattu Senegaal trouve également bizarre le fait que trois départements Birkelane dans la région de Kaffrine, Salémata et Saraya dans la région de Kédougou aient déjà dépassé le nombre d’inscrits de leurs circonscriptions au moment du référendum du 20 Mars 2016.

« A Birkelane : inscrits au moment du référendum 37 481 ; nouvelles inscriptions au 10 Février 2017 : 44 776 soit 119.46%. Salémata : inscrits au moment du référendum 7 829 ; nouvelles inscriptions au 10 Février 2017 : 8 263 soit 105.54%. Saraya : Inscrits au moment du référendum 11 862 ; Nouvelles Inscrits au 10/02/2017 : 11 886 soit 100.20%. »

« les cités religieuses favorables au pouvoir sont manifestement privilégiées »

Une autre préoccupation pour l’opposition, la porosité des frontières et « le laxisme ambiant caractérisant la tenue des audiences foraines » qui d’après Mankoo Wattu Senegaal constituent un réservoir électoral dans lequel puisent les responsables politiques frontaliers de l’Apr. Ces responsables des communes situées le long des frontières font des requêtes au profit des étrangers qui leur sont favorables, lit-on dans le document parvenu à « L’As ».

Sada Ndiaye et Cie ont également attiré l’attention sur le fait que les cités religieuses favorables au pouvoir sont manifestement privilégiées et enregistrent déjà des taux élevés
d’électeurs enrôlés.

Craintes quant à l’absence de filiation

L’opposition, diagnostiquant de fond en comble le processus à mi-parcours, a laissé entrevoir dans son rapport de sept pages, une gestion solitaire et partisane du processus de mise en place des Commissions administratives chargées de la révision exceptionnelle des listes électorales par certaines autorités administratives (Préfets et Sous-préfets), diplomatiques (Ambassadeurs) et consulaires (Consuls généraux).

« Ces autorités, n’hésitent pas à se comporter comme de véritables responsables de l’Apr », pestent Mamadou Lamine Diallo et ses camarades qui considèrent qu’au rythme où vont les inscriptions, le pouvoir usera de tous les artifices pour atteindre la barre des 4 millions de Sénégalais enrôlés.

« Même si la barre est atteinte, beaucoup de Sénégalais enrôlés ne pourront pas entrer en possession de leurs nouvelles cartes d’électeur en raison des procédures rigides de retrait de la nouvelle carte d’identité biométrique Cedeao : trois signatures dont une sur une liste d’émargement sont requises », soulignent-ils.

Les responsables de Mankoo Wattu Senegaal craignent en outre que le ministre chargé des Elections tente de faire voter les électeurs avec les récépissés. « Ce qui est inacceptable ».

Le Président Macky Sall et son ministre de l’Intérieur (Abdoulaye Daouda Diallo), renseigne l’opposition, font tout pour entrer en possession d’un nouveau fichier électoral sous leur contrôle total. Déplorant également l’absence de la filiation de l’électeur sur la carte biométrique Cedeao, l’opposition se dit convaincue que c’est source de difficultés dans la confrontation de la carte de l’électeur aux données figurant sur la liste électorale. « Les données relatives à la filiation de l’électeur et contenues dans la puce ne sont pas exploitables à l’oeil nu. Une telle contrainte peut être une source de fraudes électorales ».

Par souci de transparence et pour les besoins d’un scrutin sincère et non entaché de toute fraude, soutient l’opposition, les bureaux de vote à l’intérieur du Sénégal comme à l’extérieur devront être systématiquement et obligatoirement équipés d’un lecteur de carte à puce afin de pouvoir visualiser les données relatives à la filiation de l’électeur.

« Le paradoxe des inscriptions des sénégalais résidant à l’étranger »

Par ailleurs, l’opposition soulève un paradoxe des inscriptions des Sénégalais résidant à l’étranger.

Dans le rapport, il est établi que les Commissions administratives ont démarré tardivement au niveau des pays d’accueil des Sénégalais de l’extérieur et qu’à la date du 10 Février 2017, 10 pays ont déjà dépassé le nombre de leurs inscrits par rapport au référendum du 20 Mars 2016 :

« En Afrique du Sud : inscrits au moment du référendum 1 775 ; nouvelles inscriptions au 10 Février 2017 : 2 291 soit 129.07%.
Belgique : inscrits au moment du référendum 1 452 ; nouvelles inscriptions au 10 Février 2017 : 1 923 soit 132.43%.
Cameroun: inscrits au moment du référendum 2 635 ; nouvelles inscriptions au 10/02/2017 : 2661soit 100.98%.
République démocratique du Congo : inscrits au moment du référendum 233, nouvelles inscriptions au 10 Février 2017 : 2 943 soit 1263.09%.
Niger : inscrits au moment du référendum 502, nouvelles inscriptions au 10 Février 2017 : 729 soit 145.21%.
Burkina: inscrits au moment du référendum 1 105 ; nouvelles inscriptions au 10/02/2017 : 1370 soit 123.98%.
Maroc : inscrits au moment du référendum 2 802, nouvelles inscriptions au 10 Février 2017 : 5 266 soit 187.93%.
Nigeria : inscrits au moment du référendum 495, nouvelles inscriptions au 10 Février 2017, 1568 soit 316.76%.
Benin: inscrits au moment du référendum 801 ; nouvelles inscriptions au 10/02/2017 : 997 soit 124.46%.
Togo: inscrits au moment du référendum 605 ; Nouvelles inscriptions au 10/02/2017 : 674 soit 111.40%. »

Il a été relevé aussi, que d’autres pays comme l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne sont confrontés aux comportements partisans des autorités diplomatiques et consulaires dans la programmation de l’enrôlement des Sénégalais résidant dans ces pays. « Ces autorités mettent tout en oeuvre pour favoriser les inscriptions des Sénégalais de l’extérieur favorables au camp présidentiel », explique dans le rapport l’opposition.

Elle renseigne enfin, que dans beaucoup de pays, les inscriptions n’ont pas encore démarré à la date du 10 Février 2017 :

« Mozambique, Zambie, Arabie Saoudite, Liban, Suisse, Luxembourg, Tchad, Portugal, Canada, Angola, Guinée Equatoriale, République du Congo, Gambie, Ghana, Angleterre, Cap Vert, Tunisie et Egypte. »
Seydina Bilal DIallo |
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